Tendance : maintien de la Pac air/air, poussée par le tertiaire
CFP - Publié le 05 février 2026
Les chiffres des ventes des industriels de la thermique, dévoilés le jeudi 5 février par le syndicat Uniclima, montrent que les Pac air/air restent stables, à un niveau presque équivalent à celui de 2024. De quoi confirmer que cette solution, en train d’imposer durablement sa présence dans les bâtiments, devient un incontournable pour affronter les épisodes caniculaires. Avec une nuance notable : en mono comme en multisplit, les petites puissances reculent. Décryptage.
« Cette année 2025 a été marquée par une saisonnalité assez exceptionnelle », a rappelé Françoise Deroche (Daikin), membre du bureau d’Uniclima, président de l’Afpac. « Le premier semestre a été très en retrait, à - 14 %, en raison d’une baisse de la demande liée au contexte du secteur du bâtiment en général, mais aussi à un écoulement des stocks présents depuis 2023 chez les distributeurs, pénalisant jusqu’à la mi-2025. » Une quasi-stabilité (- 0,1 %) est observée sur les Pac air/air de puissance inférieure à 17,5 kW, avec 803 661 unités vendues (contre 804 404 en 2024). Rappelons que le record est détenu par l’année 2023, avec 910 420 équipements commercialisés. Le second semestre, beaucoup plus dynamique – à + 31 % –, a donc été porté par un été 2025 particulièrement chaud, avec un pic historique des ventes en juillet à + 72 % (et à + 54 % en août). « Ces performances sont toutefois à relativiser », prévient François Deroche, « l’été 2024 ayant été particulièrement faible ». Mais elles ont permis de « sauver les meubles » sur ce segment de marché. Merci la canicule !
Recul des petites puissances
Côté répartition des ventes par technologies, on constate un maintien avec les monosplit représentant 66 % et les multisplit 34 %. Le multisplit, en retrait en début d’année, a retrouvé son rythme au cours du second semestre. « Dans le détail, les petites puissances, qui sont le cœur du marché, reculent, et les monosplit de puissances plus importantes, de 12 à 17 kW, progressent de 18 % », souligne François Deroche. Même constat sur les multisplit, qui se vérifie également sur les unités intérieures, dont les ventes ont légèrement progressé. Là aussi la vague de chaleur donne une explication mais elle n’est pas la seule. « On commence à voir les effets de la mise en application du décret tertiaire », affirme François Deroche.
Ce qui est certain, c’est que cet effet se fait largement ressentir sur les puissances supérieures à 17,5 kW, avec une progression de + 9,3 %. Cela reste toutefois un segment de niche, avec 4 480 unités vendues, tiré par le marché du remplacement pour des typologies de bâtiments comme les grandes surfaces commerciales ou les locaux logistiques qui s’étaient équipés dans les années 2010.
La mauvaise surprise des DRV
Après plusieurs années de croissance, le marché des DRV crée la surprise en affichant un repli de - 4,3 % entre 2024 et 2025, avec 35 031 unités vendues contre 36 615 l’année précédente : les deux premiers quadrimestres ont été négatifs, à - 6 % et - 7 %, et un rebond a été observé sur le dernier à + 1,2 %. Malgré ce sursaut en fin d’année, ces systèmes n’ont pas réussi à inverser la tendance. Ce sont les technologies DRV de plus grandes puissances qui accusent le plus de baisse. « Ce constat peut s’expliquer par le ralentissement de l’activité économique dans le tertiaire et le fait de privilégier dans un bâtiment plusieurs systèmes de plus petite puissance, voire des Pac aérothermiques centralisées », analyse François Deroche. Seule croissance observée : sur les puissances intermédiaires.
Transition des fluides
En ce qui concerne les fluides frigorigènes, les systèmes DRV fonctionnant au R32 poursuivent leur progression et représentent 14 % des ventes en 2025. « La révision des règles de sécurité dans les établissements recevant du public des catégories de 1 à 4 sur l’utilisation des fluides frigorigènes pourrait dynamiser les ventes de systèmes DRV au R32 en 2026 », ajoute le président de l’Afpac. « La poursuite de la migration vers des solutions utilisant des fluides frigorigènes à faible PRP devrait constituer un levier du renouvellement des installations existantes. » Autres leviers évoqués dans une perspective de relance du marché du DRV : la poursuite des exigences du décret tertiaire obligeant les entreprises à déclarer des économies d’énergie et des réductions d’émissions carbone, additionnées aux nouvelles fiches CEE ; mais aussi les aides disponibles pour la rénovation du parc tertiaire.
Compte rendu complet à lire dans le prochain numéro de Chaud Froid Performance.

